Accéder à l’emploi représente une étape cruciale vers l’autonomie. Pourtant, beaucoup d’allocataires craignent de perdre leur Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) en reprenant une activité. Rassurez-vous, le système français favorise concrètement l’insertion professionnelle. En effet, vous pouvez cumuler vos revenus sans perdre immédiatement vos droits. Découvrez par la suite comment la CAF calcule vos aides et pourquoi travailler reste financièrement avantageux.
Peut-on cumuler l’AAH avec un travail à mi-temps ?
Oui, vous pouvez tout à fait cumuler l’AAH avec un salaire à temps partiel. Ce dispositif s’applique aussi bien en milieu ordinaire qu’en ESAT. Pour sécuriser votre budget, le mécanisme se déroule en deux phases successives.
Phase 1 : Le cumul intégral (les 6 premiers mois)
D’abord, durant vos six premiers mois d’activité en milieu ordinaire, la CAF ignore totalement vos revenus salariaux. Par conséquent, vous percevez l’intégralité de votre allocation (soit 1 033,32 € par mois) en plus de votre salaire. Notez toutefois que cette mesure s’applique uniquement si vous n’avez pas bénéficié de ce dispositif au cours des 12 derniers mois.
Phase 2 : L’AAH différentielle (à partir du 7ème mois)
Ensuite, au-delà de ce semestre, l’organisme payeur (CAF ou MSA) recalcule votre allocation chaque trimestre. Il applique alors un système d’abattements sur vos revenus nets imposables. Ainsi, votre AAH diminue progressivement, mais elle ne disparaît pas brutalement.

Comment la CAF calcule-t-elle l’AAH différentielle en 2026 ?
Le calcul de l’AAH différentielle suit des règles strictes qui protègent votre pouvoir d’achat. Concrètement, la CAF applique des abattements sur vos revenus professionnels pour déterminer la somme qu’elle déduira de votre allocation. Voici les barèmes en vigueur pour 2026 :
- Abattement de 80 % (Tranche 1) : La CAF ne retient que 20 % de vos revenus sur la tranche allant jusqu’à 540,54 € (environ 30 % du SMIC brut).
- Abattement de 40 % (Tranche 2) : Pour la part de vos revenus dépassant 540,54 €, l’organisme retient 60 % de cette somme.
Exemple de calcul pour 2026
Prenons l’exemple d’une personne seule qui gagne 800 € net par mois pour un mi-temps. Actuellement, le montant maximal de l’AAH s’élève à 1 033,32 €.
| Tranche de revenu | Méthode de calcul | Montant retenu par la CAF |
|---|---|---|
| Tranche 1 (0 à 540,54 €) | 540,54 € x 20 % | 108,11 € |
| Tranche 2 (Au-delà de 540,54 €) | (800 € – 540,54 €) x 60 % | 155,68 € |
| Total revenus pris en compte | 108,11 € + 155,68 € | 263,79 € |
Résultat final :
La CAF effectue la soustraction suivante : 1 033,32 € (AAH Max) – 263,79 € (Revenus comptés).
Ainsi, vous recevez 769,53 € d’AAH différentielle.
Votre revenu total mensuel atteint donc : 800 € (Salaire) + 769,53 € (AAH) = 1 569,53 €.

Quelles conditions d’éligibilité la MDPH vérifie-t-elle ?
Pour toucher l’AAH, vous devez valider certains critères auprès de la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH). Cette instance siège au sein de votre MDPH.
Critères d’incapacité et âge
- Taux ≥ 80 % : La CDAPH vous attribue l’AAH d’office, sous condition de ressources.
- Taux entre 50 % et 79 % : L’instance vous accorde l’aide uniquement si vous subissez une « Restriction Substantielle et Durable pour l’Accès à l’Emploi » (RSDAE). Cela signifie que votre handicap doit restreindre votre accès à l’emploi depuis au moins un an.
- Âge : Vous devez avoir au moins 20 ans (ou 16 ans si vous êtes émancipé). Par ailleurs, à l’âge de la retraite, le versement s’arrête pour les taux inférieurs à 80 % (bascule vers l’ASPA), mais il peut continuer en complément pour les taux supérieurs ou égaux à 80 %.
Le rôle central de la MDPH
La MDPH agit comme votre interlocuteur unique. D’abord, elle reçoit votre demande (Cerfa n°15692*01). Ensuite, elle évalue votre taux d’incapacité. Enfin, elle transmet sa décision à la CAF ou la MSA qui déclenche le paiement.
Quelles différences pour le travail en ESAT ?
En établissement et service d’aide par le travail (ESAT), les règles diffèrent légèrement. En effet, vous percevez une rémunération garantie (entre 55 % et 110 % du SMIC) que vous cumulez avec l’AAH. De plus, la gestion administrative reste plus simple. L’ESAT transmet directement vos informations à la CAF. Contrairement au milieu ordinaire, vous n’avez donc pas besoin de remplir de déclaration trimestrielle de ressources.
La déconjugalisation de l’AAH : quel impact ?
Depuis le 1er octobre 2023, la déconjugalisation de l’AAH a changé la donne. Désormais, la CAF calcule votre allocation uniquement sur vos ressources personnelles. Elle ne tient plus compte des revenus de votre conjoint. Par conséquent, cette réforme renforce votre autonomie financière et supprime les freins au mariage.